Art-thérapie ?

Une des pistes inattendue et explorée pendant mon bilan de compétences fût l’art-thérapie. Un nom séduisant et réunissant deux de mes envies : l’art et le soutien à l’autre. Cette nouvelle porte qui s’ouvre me fait faire depuis lors les montagnes russes émotionnelles, au point de réveiller mon insomnie chronique.

La séduction

Apparue dans le bilan par hasard, l’art-thérapie se révèle être une piste plus sérieuse : je découvre que si le métier n’est pas encore reconnu, les études, elles, le sont au niveau européen et au niveau français. C’est idiot, mais pour moi c’est un gage de sérieux et de légitimité aussi (voir mon article précédent). La formation pour être art-thérapeute certifié a de nombreux pré-requis selon les organismes (âge, niveau d’études, rapport à l’art, travail sur soi etc.) et même des sélections drastiques. Peu importe, j’arrive à peu près à rentrer dans les clous. En furetant sur les sites internet des écoles, je découvre un programme passionnant et assez calé, complété par un grand nombre d’heures de stage. Les formations ont une durée globale moyenne de 1200h, ce qui me rassure plutôt.

Un sac de nœuds

C’est ce que je découvre  en creusant et en tentant d’avoir des renseignements plus précis. Difficile d’y voir clair et pour cause : il y a plusieurs courants d’art-thérapie qui se tirent dans les pattes, revendiquant chacun la meilleure méthode (évidemment !)

Pour faire simple il y a l’art-thérapie traditionnelle, l’art thérapie psychanalytique et l’art-thérapie moderne. Le dernier est défendu par une fédération, qui reconnaît la validité de certaines formations (certifiées ou non) mais pas d’autres. En creusant on se rend compte que la fédération ne fait pas l’unanimité et est remise en cause par certains du fait de sa proximité avec certaines écoles. Tout s’explique ! D’autres regroupements nationaux d’arts-thérapeutes revendiquent autre chose et recommandent aussi d’autres formations etc. Bref, difficile d’y voir clair dans ces conditions. Et quand on voit la différence de conception, on se dit qu’on a pas intérêt à se tromper de formation… Parce  qu’il faut adhérer à ce qui est enseigné pour pouvoir ensuite se l’approprier et exercer.

Un gouffre financier

C’est la première chose qui me fait tomber de mon petit nuage. Je me concentre sur les formations certifiées ou reconnues par la fédération, histoire d’y voir clair. Et leur coût est hallucinant. En financement personnel il faut compter minimum 6000 € de formation, alors je ne vous explique pas en financement par l’employeur/Fongecif… Cela fait le tri rapidement. La première école que j’avais repérée est d’emblée inaccessible : plus de 13000 €. J’oublie. Je concentre mes recherches sur les 2-3 autres qui restent.

Aucune formation certifiée en région

C’est le deuxième obstacle. Et pas des moindres ! Notre vie est ici et elle y restera (sauf si la Réunion m’appelle et me propose un job en or ! Réunion, ce message est pour toi, entends-le !) En creusant un peu, je découvre que deux organismes proposent des formations certifiées à distance ou en partie à distance, avec un système de regroupement de 2 à 5 jours par mois. C’est déjà plus envisageable, si on fait abstraction du coût supplémentaire engendré par cette option. En tout cas cela permet de faire la formation en travaillant parallèlement (mais il faut quand même faire les stages).

A la rencontre des art-thérapeutes régionaux

Pour faire le tri dans ce flot d’information, et surtout pour découvrir le métier concrètement, je décide de rencontrer des professionnels dans ma ville, afin de m’entretenir avec eux. Je découvre rapidement sur internet qu’un collectif d’art-thérapeutes s’est monté en région, regroupant une trentaine d’intervenants. J’arrive rapidement à en rencontrer deux, avec des approches différentes, puisque chacun est issu d’un courant opposé. Je suis très bien accueillie par ces deux professionnels qui acceptent de me rencontrer et de répondre à (presque toutes) mes questions.

La douche froide

C’est alors là que je me rends compte de la précarité du métier. Aucun de ces deux professionnels n’exerce à temps plein son métier d’art-thérapeute.

L’un est salarié à 40% et exerce à côté en libéral. Le libéral est extrêmement contraint par les financements des institutions qui envoient des patients, et la prise en charge sociale ou psychologique étant ce qu’elle est en France, l’an dernier ses 4 uniques patients ont arrêté de venir, sans préavis. Le désert pendant 3 mois. Impensable pour moi, avec 3 enfants à nourrir.

Le second ne souhaite pas être salarié et ne s’étant pas sur son activité d’auto-entrepreneur, malgré mes questions. Ceci-dit, je l’ai rencontré lors de portes-ouvertes, et j’étais la seule, et donc pas une vraie patiente potentielle. En discutant, j’apprendrai finalement qu’il a également deux autres activités professionnelles. Même constat donc, malgré deux approches très différentes du métier.

Ai-je au moins trouvé quel courant me conviendrait ?

J’ai apprécié la rencontre avec le premier art-thérapeute, ce qu’il m’a fait entrevoir de son travail en institution avec des enfants, malgré les difficultés claires que rencontre tout travailleur social (notamment le fait d’être confronté aux violences subies par les enfants), c’est le métier que j’aimerais. Il sort de l’AFRATAPEM, travaillant avec les universités de médecine, sur une approche dite moderne de l’art-thérapie. A refaire, il ferait une école qui lui apporterait plus de pratique sensorielle comme les Pinceaux à Paris, qui ne propose pas de formation à distance du tout.

J’ai détesté l’approche psychanalytique que m’a fait découvrir le second, à travers un atelier d’initiation. Fabriquer quelque chose, dans son coin, sur un thème imposé, sans interaction, puis, le temps imparti, l’entendre ouvrir des « pistes » de réflexion qui se défendent d’être une interprétation de ma production mais qui le sont quand même… Je ne me vois pas exercer ainsi. Ceci dit, il est très satisfait de l’enseignement qu’il a reçu, de même qu’une autre personne que j’ai contactée, qui suit la même formation et qui ne tarissent pas d’éloges sur sa qualité.

Un bilan très mitigé

Avec tous ces éléments en main, je dois dire que le bilan de cette enquête, dont je me félicite, est plutôt moyen (euphémisme quand tu nous tiens !)

Suis-je prête à investir plus de 7000 €, 3 ans de ma vie, des sacrifices financiers et autres, pour une situation précaire au final ? Le jeu en vaut-il la chandelle ? Aujourd’hui je n’ai pas la réponse.

Est-ce que l’art-thérapie correspond vraiment à ce que j’envisage comme métier pour l’avenir ? Je ne sais pas et c’est assez déstabilisant.

Et pour la suite ? Je fais acte de candidature dans ces deux écoles néanmoins. Je ne sais pas si je serai prise, ni même si je m’y engagerai, mais j’ai envie d’avancer. Et je continue d’explorer les autres pistes (Et je vous en parle très bientôt !)

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6 réflexions sur “Art-thérapie ?

  1. Et pourquoi pas, continuer ce projet professionnel en faisant un stage de découverte ? ainsi, au contact des autres et du thérapeute, vous pourriez découvrir sa ou ses méthode(s) de travail, l’échange avec les participants, le rendu et l’appréciation des participants, savoir si cela vous convient ou pas.
    Et pourquoi ouvrir le champ des possible et voir les autres formations, dans d’autres domaines, qui peuvent amener à ce métier ? Pour exemple, l’art-thérapie est décrié par manque de fondement solide, peut-être qu’en suivant une formation brève de thérapeute au départ, avoir un diplôme dans ce domaine, peut rassurer les gens, (et donc avoir plus de clients) et après inclure l’art dans la thérapie pour devenir art-thérapeute.
    Vous avez déjà la partie art, donc vous vous y connaissait, cela est un gage de sérieux et rassure les gens, il manque juste l’autre partit.
    Voilà, je voulais vous partagez ce qui m’a traversé l’esprit. Continuez votre projet professionnel, continuer à interrogé d’autre personnes, aller sur le terrain, rencontrer des participants, savoir ce qu’ils recherchent, les outils qu’ils ont besoin, etc, etc.
    Enfin voilà, faite comme vous voulez, mais je trouve votre cheminement et ce que vous faite fort intéressant et motivant 🙂
    Au plaisir.Marie.

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    • Merci pour votre message ! En fait, le métier d’art-thérapeute est réglementé et ne peut se dire art-thérapeute qui veut !Il faut avoir effectué une formation certifiée pour pouvoir afficher le titre. La formation, justement, n’est pas axée sur l’art mais sur tout l’aspect thérapeutique : accompagnement, psychologie, etc. Mais je continue d’explorer les métiers de l’accompagnement et de la thérapie pour trouver ce qui me convient !

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  2. Merci pour votre message ! En fait, le métier d’art-thérapeute est réglementé et ne peut se dire art-thérapeute qui veut !Il faut avoir effectué une formation certifiée pour pouvoir afficher le titre. La formation, justement, n’est pas axée sur l’art mais sur tout l’aspect thérapeutique : accompagnement, psychologie, etc. Mais je continue d’explorer les métiers de l’accompagnement et de la thérapie pour trouver ce qui me convient !

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