Pourquoi je parle de résilience

Les observateurs auront noté que le sous-titre de mon blog s’intitule « Histoire d’une reconversion… Et d’une résilience ? » Ceux qui me connaissent bien entrevoient certainement un peu ce qui se cache derrière, mais une partie leur est sans doute inconnue.

Il était une fois…

Quand ma seconde fille est née, j’ai commencé à fréquenter assidûment deux structures pour jeunes parents. L’une est une association d’allaitement, qui organise des réunions mensuelles, durant laquelle les parents peuvent échanger, déverser, obtenir des informations, des conseils, partager leurs expériences. L’autre est un lieu d’accueil parents-enfants, qui se veut un lieu anonyme, neutre, ou l’on peut venir avec son enfant jusqu’à un an, et rencontrer d’autres parents de tous horizons. J’ai trouvé énormément de ressources dans ces deux lieux, et j’ai eu le sentiment de donner beaucoup aussi, et encore ensuite, le sentiment que ce don était utile aux parents en face de moi. J’ai commencé les démarches pour devenir animatrice d’allaitement, voyant là-dedans une possibilité de m’épanouir tout en offrant aux autres une présence, une écoute bienveillante, un accompagnement.

Quand la vie n’a plus de sens

Et puis… Ma vie a basculé. Cette petite fille que j’aimais tant s’est envolée. La chaleur a quitté son petit corps sans que je ne puisse faire quoi que ce soit pour l’empêcher et elle est allée pourrir dans une tombe.

La vie a perdu son sens. Evidemment j’ai interrompu ma demande de formation en allaitement. J’ai stoppé les réunions des bébés. Mais j’ai continué à fréquenter le lieu d’accueil parents-enfants auprès duquel j’ai trouvé un soutien précieux, bien que dépassant largement son attribution initiale. Petit-à-petit j’ai repris le travail, enfin j’ai essayé. Tout m’est apparu incroyablement futile et inutile. J’ai eu beau tenter de me raccrocher à l’idée noble du service public, à la justesse des actions sur lesquelles je communiquais… C’était peine perdue.

Une petite graine a germé

Un peu après, un petit garçon est entré dans nos vies. J’ai tenté de retourner aux réunions des bébés mais je n’ai pas pu. Je me suis tournée vers une autre association et j’y ai proposé mon aide. Je suis devenue marraine d’allaitement. C’était mon souhait : accompagner les mamans dans leur projet d’allaitement, quel qu’il soit, sans jugement, en leur apportant les informations pour qu’elles puissent faire leurs choix, en les soutenant pour qu’elles prennent confiance en elles, en leur montrant combien elles ont de ressources propres. Finalement, je me suis rendue compte qu’au-delà de l’allaitement ou du portage, ce qui m’intéressait là-dedans, c’est ce que ces éléments pouvaient cristalliser de la relation mère-bébé, de la naissance d’une maman, etc. Ce que je retrouvais aussi dans le lieu d’accueil parents-enfants.

J’ai repris mon travail et cette activité de bénévolat a été une bouffée d’oxygène, de sens dans ma vie. Et puis l’association s’est arrêtée, et mon bénévolat avec.

Un rêve un peu fou

C’est à ce moment là que le désir d’une autre vie professionnelle est apparu. Ce rêve m’apparaissait tellement inaccessible que personne quasiment n’en entendit parler. Je l’ai enfoui au fond de moi.

Et puis le temps a passé, les conditions de mon travail se sont détériorées, et me voilà, en congé parental, à angoisser de retourner travailler. Ce n’est plus possible. Un jour, une personne du lieu d’accueil parent-enfant est partie en retraite, et ma poitrine a explosé : pourquoi pas moi, là-bas ? J’ai réfléchi pendant des jours, et puis j’ai pris mon courage à deux mains (à demain ?). J’ai pris rendez-vous avec les intervenantes et je leur ai dit mon souhait d’accompagner les parents. Bien évidemment, je n’ai pas postulé, mais j’ai reçu tellement d’encouragements de leur part que mon projet fou a repris vie.

Cet envie, c’est de travailler en accompagnement à la parentalité, et au-delà. Ce projet, c’est d’être psychologue et ainsi redonner un sens à ma vie professionnelle. Ce projet c’est dépasser ce que j’ai vécu pour apporter mon soutien aux autres.

Rendez-vous sur Hellocoton !

12 réflexions sur “Pourquoi je parle de résilience

  1. On dit souvent qu’avoir des enfants donne un sens à notre vie, alors en perdre un et s’en sortir devient inimaginable… je te souhaite vraiment de réussir ta reconversion car l’accompagnement des parents est une vraie nécessité (et là je me positionne en tant que maman dont l’allaitement n’a pas « pris » et en tant que prof qui dirigerait bien certains vers ce genre d’asso). C’est un beau métier que tu choisis là ! Tu as bien raison de changer !

    Aimé par 1 personne

  2. Je suis bouleversée par ton témoignage. Tes mots sont simples et pourtant durs. Je n’ose imaginer ce que tu as traversé, et je comprends mieux le terme résilience. Tu as déjà une belle expérience dans le domaine qui t’intéresse et sûrement des contacts…t’es tu renseignée côté formation?

    J'aime

  3. Quel beau billet bien de bonté, de douceur. Vous êtes vraiment faite pour être dans un métier d’accompagnement. Je ne suis pas encore mère mais si un jour je devais demander des informations, me confier, trouver des réponses, être accompagné, je souhaiterais le faire avec une personne comme vous. Vous avez une grande douceur dans vos propos, votre manière d’écrire et de parler met en confiance, rassure. Vous utilisez votre vécu, douloureux, pour en faire quelque chose de très beau. Vous écoutez les émotions des autres, sans les prendre en charge, et en les accompagnant. Vraiment, ce billet me met les larmes au yeux. Vous êtes d’une délicatesse, il y a peu de gens comme vous, et on en a besoin. Surtout les parents je pense. Je vous encourage vivement dans votre cheminement, votre changement professionnel et vous suit 🙂 Au plaisir.Marie.

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s