Le nerf de la guerre

Contrairement aux idées reçues, le nerf de la guerre n’est pas la motivation, mais l’argent bien-sûr ! Je m’en suis aperçue très vite, dès ma demande de bilan de compétences. Mon employeur a freiné des quatre fers pour le financer et il a fallu jouer des coudes et quelques « poker faces » pour obtenir gain de cause.

C’est pourquoi, lorsque nous avons exploré les différentes pistes de formation, je ne me suis surtout pas appuyée sur d’hypothétiques financements, ni des frais d’inscription, ni du temps de formation. D’autant que mon employeur étant public, les règles sont multiples et différentes du privé.

On n’est jamais mieux servi que par soi-même

« Prévoyez tout, et ne comptez sur rien.« 
Anne-Thérèse de Marguenat de Courcelles

C’est plus joliment dit avec une citation n’est-ce pas ? Et ça fait cultivé…

En tout cas, c’est exactement ce que j’ai fait. J’ai envisagé les options de formation sans aucun paiement de mon employeur. C’est déjà ce que j’avais fait lorsque j’ai passé ma licence info-com, qui m’a coûté la modique somme de quelques 6000 € à l’époque si mes souvenirs sont bons.

Je suis également partie du principe qu’il pouvait me refuser une  formation sur mon temps de travail. Je me suis donc intéressée en priorité aux formations à distance, ou avec regroupements (2-3 jours par mois) en partant du postulat que je travaillerais à temps partiel pour avoir plus de disponibilité pour étudier.

L’inconvénient de ces postulats, c’est qu’ils éliminent d’emblée pas mal d’options et nous plongent rapidement dans la perspective d’une situation précaire : entre le travail à temps partiel, les déplacements et le coût de la formation, la facture grimpe vite. L’avantage, c’est qu’on ne peut être qu’agréablement surpris sur les options qu’on a conservées.

Des idées reçues

J’en avais en fait beaucoup :

  • mon employeur ne voudrait pas me financer une formation pour une reconversion (payer pour quelqu’un qui part… Hum !)
  • il refuserait de modifier mon emploi du temps / ma charge de travail pour me permettre de reprendre des études longues
  • Il ne me payerait pas pendant une formation sans lien avec mon travail actuel.

Besoin d’infos fiables

Souhaitant avancer dans mes démarches et pouvoir me projeter dans l’une ou l’autre des options que j’explore, j’avais besoin d’y voir plus clair. Le cabinet dans lequel j’ai fait mon bilan de compétences n’étant pas spécialiste de la réglementation publique en la matière, j’ai du aller puiser l’information à la source. Rendez-vous fût pris avec le responsable formation de mon administration, pour savoir à quelle sauce je pouvais être mangée…

J’avais tort ! (en partie)

La réalité est plus jolie. Elle n’est pas parfaite mais elle est plus malléable que mes préjugés. C’est en partie grâce à la réforme de la formation continue mise en place par le gouvernement en 2017.

Première nouvelle : je peux obtenir un financement de la moitié d’une formation, à hauteur maximale de 2000 €. Certes, ce n’est pas énorme, et cela signifie que j’ai la même dépense en face. Mais c’est toujours mieux que ce que j’avais prévu. Par contre, c’est UNE formation. Dans le cas d’un parcours où il faut plusieurs diplômes (par exemple licence -master 1 – master 2 de psychologie), seul l’un des trois peut faire l’objet d’un remboursement. La limite étant que les formations en financement personnel sont beaucoup moins chères que les mêmes formations payables par les employeurs. Il faut bien calculer que cela ne nous revienne pas plus cher au final que de tout payer soi-même…

Deuxième nouvelle : mon employeur est tenu de m’accorder du temps pour effectuer la formation que j’aurai choisie. C’est la loi. J’ai le droit à 3 ans de congé de formation sur toute ma carrière, utilisables en jours selon mes besoins.

Troisième nouvelle : sur ces 3 ans de congé de formation, un an est rémunéré à hauteur de 85% du traitement brut sans les primes. Cette année peut, là aussi, être découpée selon les besoins, à raison de 3 jours par mois par exemple, pendant le temps nécessaire. Je ne vous cache pas que, comme beaucoup de fonctionnaires et assimilés, une grande partie de mon salaire est faite de primes… Mais là encore, c’est mieux que rien, ça m’ouvre des perspectives bien plus sereines.

Quatrième nouvelle : la « dette » de temps de travail occasionnée par un an rémunéré de congé pour formation peut faire l’objet d’une annulation sur dérogation. Je m’explique : traditionnellement dans la fonction publique, lorsque vous prenez un an de congé pour formation rémunéré, vous devez ensuite 3 ans de travail à votre employeur. C’est pour cette raison que je n’envisageais pas cette option, au départ : me former à un autre métier pendant un an pour ensuite être bloquée dans le travail qui ne me convient plus pendant 3 ans, quel intérêt ?!! avec les nouvelles lois, le salarié peut faire une demande à son employeur pour lever cette dette et lui permettre de mener à bien sa reconversion.

Cinquième nouvelle : ces jours de formation rémunérés peuvent être utilisés pendant les périodes de stage.

J’en ressors reboostée

Ces bonnes nouvelles m’ont remonté un peu le moral. Ces derniers jours les doutes m’assaillent, et j’appréhendais la réaction des ressources humaines face à la présentation de mon projet… J’ai été très bien accueillie, soutenue et entendue. Je suis soulagée, soulagée aussi de voir que les choses pourront se mettre en place, le moment venu…

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Une réflexion sur “Le nerf de la guerre

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