La place du vide

Dans la nature, on dit que le vide n’existe pas. Que chaque espace libre finit rapidement par être envahi, occupé. Dans ma vie, je me suis ainsi toujours efforcée, inconsciemment, de ne pas laisser de place au vide, prévoyant même à l’avance comment le remplir. Aujourd’hui, une discussion forte, est venue m’interroger, pour la seconde fois de ma vie sur la place du vide.

Je brise ma ligne éditoriale

Par cet article aujourd’hui, je brise ma ligne éditoriale : ce blog ne parlerait que de mon projet professionnel, pas de personnel outre-mesure, pas d’intime. Je ne voulais pas franchir la ligne du possible voyeurisme concernant certaines épreuves que j’ai subi. Aujourd’hui, alors que je rencontrais une personne ressource qui m’est chère, la frontière ténue entre les deux s’est brisée, et je ne peux pas faire l’impasse sur ce qui se joue pour moi ici. Alors je le regretterai peut-être, mais je partage avec vous. Pour le meilleur et pour le pire ?  Je ne sais pas, mais pour plus d’intensité, de vérité, de justesse.

Besoin d’y voir clair

Voici des mois maintenant que je pense à rencontrer cette personne ressource, S. Pour parler de mes projets professionnels. Elle me connait bien mieux que je ne la connais, elle m’a vue cheminer dans l’un des lieux d’accueil parents-enfants que je fréquente. Un de ceux qui me fait dire que c’est le type de voie à suivre pour moi.

Je l’ai contactée la semaine dernière voyant que je m’engluais dans mes recherches professionnelles et voulant son avis : elle a une bonne connaissance du milieu que je vise (ressource réseau et expert) et se révèle aussi être une pom-pom girl. Bref, une personnalité précieuse en ce moment de troubles.

J’ai eu raison de m’adresser à elle. Je devrais rajouter à mon article sur les personnes ressources « les phares ». Celles qui permettent de retrouver le cap, éclairent le chemin et les rochers pour éviter de s’y fracasser.

La peur du vide

J’ai évoqué mes recherches de formations, métiers et pistes avec elle. Aussi ma reprise à temps partiel dans l’idée de profiter du temps disponible pour avancer mon projet, avec une formation par exemple. Là, finalement, le temps passe, la reprise approche et je ne sais plus. Le flou absolu. Pas de certitude sur le chemin à emprunter. L’angoisse de l’échéance. Et encore une fois la peur du vide.

Je sais ce que je ne veux plus faire mais je ne sais pas où ma vie et mes envies vont m’emmener. Ce vide est angoissant. Reprendre le boulot sans perspective définie l’est aussi. Je ne voudrais pas que ce temps réservé soit perdu, dans le ménage, les affres de la vie quotidienne, plutôt que dans mon épanouissement. Et encore, il faut que ce soit un investissement RENTABLE pour mon avenir professionnel. La pression !

La voie de la sagesse

Je suis entendue mais la réponse que je reçois me surprend. Elle est tellement juste cependant.

S. me dit que parfois, il faut laisser les choses se décanter. Et que si il n’y a pas de vide,  rien ne peut trouver sa place. Que ce « trou » du mi-temps est angoissant mais certainement nécessaire et même profitable. Qu’il faut que je le laisse se remplir, de ce qui vient, de ce qui me fait du bien. D’écriture, de peinture, de lecture, de rien peut-être ? Et d’expériences extra-professionnelles qui viendront enrichir mon parcours, le préciser, et me montrer la voie, naturellement.

Que si je ne suis pas sûre, il ne faut pas me précipiter dans des études, surtout longues. Que ce temps, il me permettra de mûrir mon projet (celui que je vous cache encore, l’aboutissement de tout cela).

Ma leçon de vie, la place du vide

Cette discussion sur le vide fait écho à quelque chose que j’ai vécu il y a pile 4 ans. Un moment charnière de ma vie. Un éclairage reçu, sans crier gare, alors que je participais à mon premier stage de yoga. C’est ici que je vous livre un cheminement intime, que je ne pensais pas un jour dévoiler sur ce blog.

Lors d’un enseignement oral, il fût question de colère et de pardon. Ma voisine interpelle alors celui qui nous enseigne. « Comment voulez vous que quelqu’un qui a vécu quelque chose de terrible, puisse abandonner sa colère ? Imaginez par exemple, si vous avez perdu un enfant ?! » Je me suis liquéfiée. Je n’ai plus la teneur exacte de la discussion qui a suivi. Je sais juste que je n’en ai pas perdu une miette tout en pleurant toutes les larmes de mon corps sur ce tapis de yoga, enfouie sous les couvertures pour échapper au froid glacial du mois de janvier (violons…)

Ce que j’en ai retenu a changé ma vie, mon deuil, instantanément. Il s’agissait du vide. Lui encore. Faire face au deuil, c’est là aussi, faire face au néant, au vide. Quelle angoisse… Plutôt que d’affronter le vide, on y met au choix, de la tristesse, des regrets, de la colère, un peu de tout cela. Affronter le vide, cette chose qui n’existe pas dans la nature, est extrêmement difficile. Celui-ci est tellement insupportable que vite, nous le remplissons. Pourtant, abandonner ses sentiments négatifs, lâcher sa tristesse, sa colère, ses remords ne fait pas disparaître l’être aimé. L’être aimé a déjà disparu.

Redonner sa place au vide, c’est ouvrir de nouvelles possibilités. C’est emprunter le chemin de la résilience. En abandonnant sa peur du vide, on permet à d’autres émotions, d’autres sentiments de s’installer : l’amour.

Que reste-t-il de toi quand tu n’es plus là ? Il reste l’amour. L’amour transcende tout et déplace les montagnes.

Je suis sortie de ce stage transformée. Soudain j’avais compris comment dépasser cette tragédie. Il ne suffit pas de le vouloir bien-sûr. Mais le comprendre m’a beaucoup aidé.

Aujourd’hui, alors que S. me parlait de laisser la place au vide, j’ai compris, que là aussi, se jouait ma résilience, ma place dans la vie, personnelle et/ou professionnelle. Tout est lié.

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