Mes plus grands maîtres

J’ai été interpellée par le carnaval d’articles organisé par la blogueuse Maman Lempicka. « Le prof de ta vie ». Quelque chose me titillait, là, mais je ne savais pas quoi. Et puis j’ai compris. Alors j’ai décidé d’y participer. A contre courant. Encore.

Un carnaval d’articles, c’est quoi ?

Pour les novices, dont je fais partie, un carnaval d’articles c’est un défi lancé par un blogueur sur un thème. Ses lecteurs peuvent à leur tour écrire sur ce thème sur leur propre blog, qui sera ensuite référencé sur le billet de celui qui a lancé l’initiative. Cela permet de découvrir différentes visions, différentes écritures, d’un même thème. L’idée me plaît.

J’ai déjà participé en retard à un carnaval sur l’audace, ici.

Tous ces profs qui m’ont marquée

Certains n’ont laissé aucun souvenir, insipides, et rare finalement sont ceux qui me laissent un goût amer en bouche. La réalité c’est qu’en y réfléchissant, beaucoup de profs m’ont influencée positivement. Suis-je chanceuse ? Je ne l’espère pas pour les autres !

Je pense à mon institutrice de CE2, passionnée d’art, qui m’a embarquée dans son univers : sculptures préhistoriques de savon, concours d’arts plastiques sur le thème du Braille, ateliers de peinture chaque semaine… J’ai encore les yeux qui pétillent, quasi trente ans après !

Je pense à celle de CM2, qui m’a appris toutes les bases de travail méthodologiques en autonomie, celles que j’apprends à ma fille aujourd’hui, et qui m’a permis de mieux apprendre.

Je pense à ma prof de français du collège. Tout le monde me prenait pour sa fille. Elle était haute comme trois pommes et frêle, avec une petite voix. Mais elle tenait sa classe d’une main de fer dans un gant de velours. Elle m’a appris que le physique ne fait pas tout. Et tout un tas d’autres choses. L’amour des mots, de la rédaction…

Je pense à ma prof d’histoire-géo de 5e, qui m’a appris à structurer mes pensées et à les retranscrire de manière synthétique, qui m’a encouragée.

Je pense à cette prof de philo, dont les cours se transformaient en débats passionnants, toujours avec bienveillance, et surtout avec ouverture. Elle animait, on parlait. Grâce à elle, j’ai appris à réfléchir encore davantage. J’ai compris les enjeux de mes réflexions, de mes actes. J’ai appris à défendre mes idées.

Je pense à l’animatrice de mon cours de dessin, activité que je faisais sans relâche, tous les mercredis après-midis, et parfois le samedi. Elle a su nourrir, entretenir ma passion, sans m’en dégoûter, en m’encourageant, toujours.

Je pense à ces profs de dessins, de peinture et d’architecture, lors de ma prépa en école d’arts… Ils m’ont appris à nourrir ma créativité, à essayer encore et encore, à construire mes projets artistiques… A progresser, à rêver, à imaginer.

Je pense à mon prof de photo, un homme formidable, un photographe humain, généreux, surinvesti. Qui m’a rendue passionnée de photo et de développement argentique.

Je pense à ma prof de yoga, qui peut-être passera ici, qui a su me transmettre ce virus étonnant qui a changé ma vie.

Mes enfants, mes professeurs

C’est ce que m’avait dit ma prof de yoga un jour. Nos enfants nous enseignent.

Et effectivement. Nos enfants ont le chic pour appuyer là où cela fait mal. Là où nous devons travailler, encore et encore. Quelque chose n’est pas clair ? Ils savent. Quelque chose vous tracasse ? Ils sont infernaux. Quelque chose chez eux vous horripile ? En y regardant de plus près, c’est certainement un trait de caractère qui nous appartient, notre histoire qui se raconte…

Nos enfants nous poussent dans nos retranchements, nous obligent à nous dépasser, à aller au-delà de nos limites. De fatigue, de patience, d’amour, de colère parfois, d’inquiétude…

Chaque enfant vient nous enseigner quelque chose sur nous-même. J’en suis convaincue, je l’expérimente chaque jour. Autant vous dire qu’avec quatre enfants, j’apprends beaucoup…

Mais surtout je pense à elle

Elle n’est plus là aujourd’hui et pourtant elle transforme ma vie. Elle m’envoie la plus grande épreuve de mon existence. M’apprend la leçon la plus importante qu’on puisse recevoir. Douloureusement. Passionnément. Avec amour. Avec amertume parfois.

Grâce à elle, je ne suis plus celle que j’étais. Grâce à elle, je suis devenue meilleure. Je suis tombée mais je me suis relevée. Grâce à elle, je suis plus forte. Plus vivante aussi.

Grâce à elle, j’ai pris conscience que rien n’est acquis, mais que ça vaut la peine. Grâce à elle, j’ai fait un tri. J’ai viré l’obsolète et conservé l’essentiel.

Grâce à elle je suis plus humble. J’ai compris qu’on fait surtout comme on peut, pas comme on veut. Qu’au-delà des choix il y a la vie, les circonstances, nos casseroles que l’on traîne, dans un vacarme assourdissant.

Aujourd’hui, grâce à elle encore j’apprends. Que la colère est assassine, mais qu’elle est aussi un moteur. Que l’on décide de subir ou de vivre et de se battre. Que rien ne vaut l’instant présent, même si j’ai tendance à l’oublier, dans le tourbillon du quotidien.

Que l’essentiel est dans l’humain et que le reste n’est que fioriture.

Grâce à elle, ma vie a pris un nouveau relief. Brillant, éclatant, entre les vides de son absence.

Grâce à elle, je vis, vraiment, intensément.

Ma fille est mon plus grand maître.

Rendez-vous sur Hellocoton !

4 réflexions sur “Mes plus grands maîtres

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s