Mes rêves, ma charge mentale et mon deuil

Ça fait beaucoup pour un seul article. Mais il faut l’avouer aujourd’hui je suis épuisée. Et cet épuisement me freine dans l’avancement de mes rêves de vie parce que, avouons le, je n’ai qu’une envie : dormir. Autant dire que je ne suis pas en ce moment un modèle d’hyper-productivité pour mener à bien l’ensemble des projets que j’ai en tête, et, c’est le positif, j’en ai un paquet… Si je vous les listais vous me diriez que je suis complètement dingue !

La charge mentale m’épuise

Mais pourquoi je vous parle de mon deuil et de ma charge mentale ? Avouons le, ajouter charge mentale aujourd’hui à un article, c’est tendance. c’est juste ça. Non, je déconne. Parce que si je suis épuisée, c’est en grande partie à cause de cette charge mentale invisible que je porte. Je ne la porte pas à la place de mon conjoint, ceci n’est pas un article féministe. mais j’ai tout un tas de choses en tête qui empêchent mon cerveau de se mettre au repos, de récupérer correctement, de dormir paisiblement. On peut parler de ma future reprise professionnelle, qui est sujet d’angoisse forte, on peut parler de mes projets, qui moulinent en permanence dans ma tête, on peut aussi parler des différends familiaux qui m’assaillent en ce moment, on peut parler des douleurs physiques qui entravent mon sommeil…

Mon sommeil est malmené

Vous l’aurez compris. Vous ajoutez à cela les réveils nocturnes quotidiens de la petite dernière, les ronflements de mon homme, les fourberies des chats et vous avez le tableau complet : sincèrement, je ne dors pas deux heures d’affilée sans aucun réveil. Ajoutez à cela mon insomnie, je dois dormir environ cinq à six heures par nuit depuis des mois, moi qui ait besoin en temps normal de dix heures pleines de sommeil. Le résultat est que je me traîne comme une loque et que certains jours, comme aujourd’hui, même rédiger cet article est difficile.

Et puis, j’ai quatre enfants

Je suis sûre que rien que lire cette phrase épuise déjà certains ! Je vous vois au fond, à côté du radiateur 😉

Et je vois aussi les autres qui se disent : « Elle est gonflée. Elle a que trois enfants à gérer. C’est pas la même chose quand même ! »

Mais j’ai porté quatre enfants dans mon ventre en dix ans. J’ai donné naissance quatre fois, j’ai materné proximal quatre fois aussi  et je continue, d’ailleurs. J’ai vécu quatre premières années d’un enfant, cette année, la plus intense qui soit dans la vie d’un parent.

Et j’ai subi un deuil, brutal, traumatique, déchirant, celui de mon enfant. Je me suis relevée et j’ai lutté pour rester debout. Et c’est épuisant. J’ai vécu les sentiments contradictoires, la joie d’accueillir un enfant en en pleurant un autre. J’ai aussi du faire le deuil de cette famille que nous ne serons pas. De cette enfance que mon aînée n’a pas eu, de ce parent patient, serein que je ne suis plus.

Ma fille n’est plus mais le deuil suce mon énergie

Il accapare ma vie, mes pensées inconscientes. Il dévore ma sérénité, m’oblige à lutter contre mes démons, s’acharne à me tenir alerte, traumatisée, stressée. Insidieusement il a pris la forme d’un stress post-traumatique qui se réveille sans crier gare. Au détour d’une odeur, d’une pensée, d’une parole, d’un souvenir, PAF ! Une claque.

Il se maintient dans mon esprit à mesure que nos démarches vers une compréhension et une reconnaissance avance. C’est dans ces moments que mon insomnie repart de plus belle, que mes mâchoires restent serrées plus que de raison…

Alors oui, dans mon quotidien, je n’ai « QUE » trois enfants à m’occuper. Mais mon esprit lui, en a bien quatre…

4 réflexions sur “Mes rêves, ma charge mentale et mon deuil

  1. Je suis encore une fois bouleversée par tes mots, bouleversée car ce que tu décris est ce que chaque parent redoute au plus profond de lui. Tu l’as vécu. Mon cerveau refuse d’imaginer l’ampleur de la douleur. Je pense qu’elle est indescriptible et ça se ressent bien dans ton article. Je ressens aussi à tel point que ça me fait mal, chaque poids que pèse chacun de tes mots. Je ressens la douleur de ton deuil. Je ne sais quoi te dire. Que peut-on dire quand on ne l’a pas vécu? Je te souhaite juste de pouvoir, un jour, être apaisée.

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