Quand le contrôle vous mène à l’épuisement

En ce moment je traverse une période extrêmement difficile en termes de fatigue physique et psychologique. Je dors trop peu et le repos par ailleurs est loin d’être évident avec trois enfants dont il faut s’occuper… Et un homme qui travaille beaucoup.

Retourne bosser !

Quand j’évoque mon épuisement, régulièrement cette petite phrase revient : »Ça va te faire du bien de reprendre le boulot ». Oui, le boulot, c’est moins crevant que les enfants, il paraît. Je vais pouvoir m’y reposer. Pourtant à chaque période de congé parental j’entends paradoxalement le même son de cloche : c’est FACILE parce que je ne travaille pas. J’ai du TEMPS pour moi. Je peux me REPOSER. Et en plus j’ai de la chance car je ne  suis pas mère célibataire (WTF ?!!) Tout cela pour dire que finalement, la solution est loin d’être évidente, chaque interlocuteur a son idée sur la question.

Le problème c’est les enfants ?

C’est globalement ce qui en ressort. Est-ce ainsi que je l’exprime ? Je n’en sais rien et je finis par me poser la question… Est-ce moi qui renvoie cette image ou la société qui trouve cela bien chiant  fatiguant de s’occuper de la marmaille ? Peut-être un peu les deux… C’est sûr que mon sommeil est malmené depuis plus de deux ans et que les siestes sont inexistantes depuis quelques mois… Ne me laissant aucun répit en journée. Et pourtant au fond de moi je sens que le problème n’est pas QUE là.

Une mise à l’épreuve personnelle

Bien-sûr cette situation est éprouvante et ne me facilite pas les choses, mais quand je regarde les faits objectivement j’ai le sentiment que je pourrais faire autrement et ne pas être au bord du burn-out. Alors quoi ? Je me flagelle ? Non, c’est pas mon genre. Ce que je veux dire c’est que cette situation vient me confronter à mes propres problématiques, bien au delà des réveils nocturnes et du manque de siestes de ma progéniture.

Une histoire de lâcher-prise et d’hyper-contrôle

J’sais pas vous mais moi, j’entends TOUS LES JOURS parler du lâcher-prise, ça doit être à la mode… Je fais du yoga depuis six ans, c’est une problématique qui m’est familière et pourtant je me rends compte depuis quelques mois que tout dans mon quotidien est sous contrôle. Y compris le yoga. Je tente du lâcher prise « en force » autant dire que ça n’en a que l’air !!!

Pourquoi je vous parle de cela ? Parce que ce contrôle m’épuise. Je le lâche uniquement quand tout le monde dort (beaucoup trop tard) et c’est aussi le seul moment où je relâche la pression… Sans dormir donc… Voilà comment mon épuisement se nourrit.

Je suis sur le qui vive en permanence pour l’intendance, la surveillance des enfants, la gestion des conflits, le maintien des rythmes, les rendez-vous, mes projets professionnels, etc. Charge mentale…

Petit à petit je me suis enfermée dans ce quotidien qui ne me convient pas. l’hyper-contrôle. C’est difficile à lâcher car les gens autour de vous se sont habitués à ce que vous gériez… Et ne sont pas forcément d’accord pour vous laisser arrêter ! C’est tellement pratique !

Dites moi plutôt que la maternité peut être légère aussi

Alors non, la solution n’est pas de m’éloigner de mes enfants. Ils sont juste le révélateur de mon mode de fonctionnement. Je n’ai pas besoin que vous me disiez de les faire garder plus, ou de reprendre mon travail rapidement.

Dites moi plutôt que ça va bien se passer. Que ma maternité peut être légère aussi ; que je peux lâcher prise sans que le pire n’arrive. Dites moi que j’ai le droit de rire avec eux, de m’assoupir pendant qu’ils jouent, de redevenir insouciante.

Dites moi que j’ai mérité ma tranche de bonheur, que je peux désormais la croquer à pleines dents, que je ne le paierai pas plus tard.

Aujourd’hui je m’attelle à cela, lâcher prise par petites bribes, redécouvrir les petits bonheurs simples… Parce que je l’ai déjà éprouvé : mes enfants sont mes plus grands maîtres.

 

5 réflexions sur “Quand le contrôle vous mène à l’épuisement

  1. Je suis très très touchée par ton article et je te rejoins: non, reprendre le travail ne va pas améliorer les choses. As-tu déjà envisagé des solutions pour les nuits? Passer le relais à ton mari? J’ai 3 enfants aussi dont un bébé et ton niveau de fatigue m’interpelle et m’inquiète. Quand on manque de sommeil, tout part en cacahuète.

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