Le droit d’être indécis

La vocation

Enfant, on nous demande souvent « alors, qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? » La réponse varie. Il y a ceux qui changent d’avis toutes les semaines. Il y a ceux qui n’en ont aucune idée, et il y a les rares élus qui savent exactement quelle carrière embrasser. Est-ce une vocation ou est-ce juste le résultat des représentations sociales que l’on inculque à nos enfants ? Ce pourrait être le débat du jour (j’ai bien mon idée sur la question) mais nous avons d’autres chats à fouetter sujets à traiter (soyons respectueux des animaux !)

A ceux qui ne savent pas comme à ceux qui changent de chemises, voire qui retournent leur veste, les adultes ont coutume de répondre « oh tu as le temps de te décider ! » A ceux qui donneraient une réponse inconvenante, le sourire crispé « Tu as le temps de changer d’avis ! »…

Grandis un peu !

Mais adulte, lorsque les incertitudes demeurent, ou que les choix sont clairement irréalisables, les données ont changé. Nous n’avons plus le temps. Il faut arrêter de rêver un peu, il faut vivre, réveille toi ! Comment vas-tu manger ? Payer les godasses de tes fameux gosses qui rêvent eux aussi leur avenir professionnel ? Quand tu te trouves à un carrefour de ta vie, tu dois te décider, vite, et choisir le chemin. Il n’y a pas le temps de sortir des sentiers battus, de débroussailler de nouveaux passages. Pas le temps de regarder les étoiles pour chercher sa voie, et finalement, rêver c’est pour les gosses. Arrête un peu.

Les rêves sont l’essence (les sens ?) de la vie

Je plaide pour le droit de rêver à tout âge. C’est bien ce qui fait le sel de la vie. Je plaide pour multiplier les désirs, les envies, les projets, même si certains ne verront jamais le jour. Je réserve quelques-uns à mon avenir proche et ceux qui sont trop verts pour mes vieux jours. Et pourquoi pas ? A quel moment doit-on arrêter de s’épanouir ? D’apprendre ? D’aimer ce que l’on vit ? Je ne m’ennuierai pas même à 90 ans. J’ai déjà des envies pour ce moment là. Mais en attendant, pour le futur immédiat je suis pleine de doutes.

Le droit d’être indécise

Je revendique. Définitivement, on a le droit d’être indécis, d’hésiter, de tâtonner, de (se) chercher, et ce, quel que soit l’âge. On peut s’intéresser à plein de sujets différents et ne pas avoir envie de choisir. On peut s’inventer plein de carrières professionnelles différentes comme les slashers et refuser de renoncer à certains de nos rêves. Loin d’être de la dispersion ou un défaut, la curiosité est une qualité. Suivre ses rêves est un puissant moteur. Rien ne vaut une telle motivation pour se lever le matin…

J’ai refusé de choisir

Et j’ai décidé de faire confiance à la vie, de laisser les choses décanter. Cette rentrée, j’ai repris mon emploi  à temps partiel après deux ans et demi de congé parental. Reprendre est plutôt un terme mal adapté. Je « reprends » à un poste que je n’ai jamais occupé, dans un organisation totalement modifiée, avec de nouveaux collègues. Concrètement je prends un nouvel emploi, sans pour autant avoir changé de structure, ni même avoir choisi. Et j’ai conservé mes projets. Sans doute beaucoup trop ambitieux, je les poursuis lentement mais sûrement parallèlement. La vie fera le reste.

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